Articles de la semaine

De retour d’une petite pause avec trop de travail pour écrire ici !

ÉTATS-UNIS, INFORMATISATION ET AUTOMATISATION POUR LA NUTRITION PARENTÉRALE PÉDIATRIQUE

Cet article date de juillet dernier mais j’ai eu l’occasion de le présenter en conférence et ça m’a permis de remettre en perspective l’impact de la technologie sur un médicament à haut risque capital en pédiatrie et en néonatologie: la nutrition parentérale.

Il s’agit d’une étude descriptive, rétrospective menée sur une période de 7 ans dans un hôpital pédiatrique académique de 350 lits, qui avait pour objectif de caractériser le taux d’erreurs dans le circuit de la nutrition parentérale pendant et à la suite de l’implantation d’une stratégie d’automatisation et d’informatisation de toutes les étapes du circuit.

L’article est écrit de manière étrange, mais on comprend que les auteurs ont réuni une équipe multidisciplinaire afin d’émettre des recommandations découlant de lignes directrices, pour d’optimiser le processus de nutrition parentérale. Il ont émis des recommandations pour implanter les lignes directrices de plusieurs organismes, pour développer et installer un logiciel de prescription électronique avec aide à la décision, interfacé avec les logiciels de la pharmacie, pour améliorer le contrôle de la qualité, et pour mieux identifier et corriger les erreurs et incidents.

Durant la période de l’étude, le taux d’erreurs a été de 0,27%, soit 230 erreurs pour environ 84 000 prescriptions. Ceci est nettement inférieur à une étude récente citée par les auteurs où le taux d’erreur était d’environ 1,6%. Fait à souligner, aucune erreur de transcription n’a été rapportée durant l’étude, alors qu’il s’agissait du type d’erreur le plus fréquent dans celle citée. Évidemment, le logiciel de prescription électronique interfacé a éliminé cette étape, ce qui est un gain majeur en sécurité. 95% des erreurs étaient reliées à l’administration, le plus souvent des erreurs de débit, et près de 90% des erreurs n’ont pas affecté le patient de manière notable.

Comme je l’ai mentionné plus haut, l’article est drôlement écrit, et il n’est pas clair si les mesures ont été implantées avant ou pendant la période de collecte. Cependant, je le trouve pertinent car il illustre le gain en sécurité très significatif d’une interface fonctionnelle entre un logiciel de prescription et les logiciels de la pharmacie dans un établissement de santé.

ÉTATS-UNIS, SURVEILLANCE ACTIVE DES DOSSIERS CLINIQUES INFORMATISÉS PAR LES PHARMACIENS EN PÉDIATRIE

Cette étude décrit un système électronique mis en place dans un hôpital pédiatrique américain de soins tertiaires de 535 lits, incluant soins intensifs et néonatologie, pour permettre aux pharmaciens d’identifier et de prioriser les interventions à effectuer ainsi que les suivis à faire. J’ai déjà parlé de systèmes utilisés par des pharmaciens pour détecter certains paramètres et fournir des alertes de suivi, de même que pour documenter le suivi effectué. Le programme décrit dans cet article est similaire.

Le programme intègre plusieurs paramètres provenant de systèmes tels que les laboratoires et la pharmacie, et fonctionne directement dans le dossier clinique informatisé (Epic, dans ce cas-ci). Ces paramètres comprennent les mesures de fonction rénale et hépatique, les dosages de médicaments, la prise de médicaments de certaines classes (antimicrobiens, anticonvulsivants, immunosuppresseurs, anticoagulants, antinéoplasiques et médicaments cardiaques), et certains paramètres propres au patient (test de grossesse positif, diète cétogène, prolongation de l’intervalle QT, thérapie de remplacement rénal continu, ECMO).

Un système de points est en place pour attribuer à chaque caratéristique une valeur, ainsi que davantage de points à certains résultats de laboratoire anormaux, pour afficher un score total de priorité pour l’intervention du pharmacien. Le système permet également la documentation du plan de soins du pharmacien et des éléments de suivi, de manière à faciliter le transfert de patients entre collègues.

Ce système est en place depuis janvier 2011. Sur une période de 6 mois (janvier à juin 2014), 6741 dosages de médicaments ont été suivis dans le programme, de même que 61 traitements d’héparine, 51 traitements de warfarine, ainsi que 732 cas de dysfonction d’organe, pour une moyenne de 41 interventions quotidiennes. Les auteurs notent cependant que ce chiffre est probablement une sous-estimation du nombre réel d’interventions puisque tout n’est pas documenté dans le système, notamment les interventions de suivi récurrentes.

Je trouve cet article intéressant parce qu’il met l’emphase sur l’importance de la systématisation du suivi par les pharmaciens , au moins pour certains paramètres jugés importants. Il s’agit également d’un bel exemple d’outil de suivi et de transfert pour la continuité de soins entre collègues.

ANGLETERRRE, REVUE SYSTÉMATIQUE DE L’EFFET DE LA PRESCRIPTION ÉLECTRONIQUE EN HÔPITAL SUR LES COÛTS DE SANTÉ

Cet article est une tentative de méta-analyse, transformée en revue systématique puisque peu d’études ont finalement été incluses. L’objectif était de vérifier l’état des données publiées concernant l’implantation de systèmes de prescription électronique à la grandeur d’hôpitaux, et l’effet sur les coûts de santé.

La recherche a eu lieu dans de multiples banques de données jusqu’à octobre 2013. Les études incluses devaient être des évaluations économiques complètes ou partielles, et l’implantation de la prescription électronique devait cibler l’entièreté d’un hôpital ou une population spécifique (par exemple la pédiatrie). Les études portant sur un nombre restreint de médicaments étaient exclues.

1160 articles ont été révisés, mais finalement 3 ont été inclus. La méta-analyse a donc été impossible, les auteurs présentent de manière narrative les résultats des études. Deux des trois études rapportent un effet financier globalement positif, en raison surtout de la prévention d’effets indésirables aux médicaments attribuables aux fonctionnalités d’aide à la décision, puis à l’encadrement des pratiques de prescription.

Il y a néanmoins plusieurs limites aux études retenues, notamment le fait que la prévention d’effets indésirables est hautement dépendante des fonctionnalités des logiciels, qui sont très variables à travers le monde et même d’une installation à une autre pour le même logiciel.

Les auteurs concluent donc que les études publiées semblent supporter un effet financier bénéfique de l’implantation de la prescription électronique en établissement de santé, mais que la qualité des études actuelles est limitée.

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