La fin des pagettes approche-t-elle ?

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J’écoutais récemment un bon épisode du podcast Healthcare Tech Talk à propos de l’utilisation des téléavertisseurs dans les hôpitaux. Le podcast est une entrevue avec un dirigeant d’une entreprise offrant une plateforme de messagerie texte sécurisée pour les hôpitaux, réalisée à la conférence HIMSS16 qui a eu lieu au début mars. Si on fait abstraction de l’aspect commercial de l’entrevue, il s’agit d’une bonne analyse de la situation actuelle et des alternatives qui commencent à être utilisées. En particulier, une partie de la discussion concerne plusieurs alternatives qui ont été développées au fil des ans et qui n’ont pas réussi à percer en raison de problèmes d’intégration au flot de travail; menant à un retour en force des pagettes. On commence heureusement à voir des alternatives viables apparaître sur le marché. Il faut souligner que la première utilisation des pagettes dans les hôpitaux remonte à 1956 à New York !

Quelques points intéressants:

  • Une étude (commanditée par la compagnie en question, il faut le dire…) a été menée sur environ 200 hôpitaux américains pour établir les coûts d’utilisation des pagettes; on parle d’environ 9$ par mois par appareil pour le service, et près de 180 000$ par année par hôpital pour les coûts de service et de maintenance de ces appareils désuets. Je me demande quels sont les coûts au Québec.
  • Plusieurs alternatives tentées au fil des ans n’ont pas été un succès, notamment des systèmes VoIP avec appareil portatif dédié, des téléphones portables de type « dumbphone » intégrés au réseau téléphonique de l’hôpital, etc. Un point important qui a mené à l’échec de ces solutions est qu’ils ne représentent pas une grande évolution par rapport au pagette; si la personne ne répond pas, on ne sait pas si c’est parce qu’elle est occupée ou si l’appareil est déchargé ou égaré. On se retrouve souvent à avoir un pagette en plus de cet autre appareil.
  • En pratique, on constate déjà que les cliniciens se textent à propos des patients, en utilisant leurs appareils personnels. Ce n’est bien sûr pas idéal du point de vue de la confidentialité, mais le gain d’efficience réalisé en n’ayant pas besoin de trouver un téléphone disponible, et en pouvant répondre en différé si on est occupé incite à utiliser ce mode de communication.
  • La meilleure alternative pour se débarasser des pagettes semble être le texto, probablement un système de messagerie multiplateforme disponible sur les ordinateurs de l’établissement (application desktop), et ayant une application disponible pour les appareils mobiles des cliniciens. Il est tout à fait possible pour un tel système d’être encrypté d’un bout à l’autre, et même de ne conserver aucune donnée sur les appareils personnels des cliniciens (à la Snapchat).
  • Un gain important d’un tel système est la confirmation de livraison des messages; avec le pagette on n’est jamais certain que le message s’est bien rendu à destination.
  • Bien sûr, ceci ramène au premier plan la controverse du BYOD.

J’ai bien hâte de voir si ces nouveaux systèmes de messagerie permettront de finalement laisser de côté cette technologie antique. Il faut quand même souligner qu’au Québec, cela fait moins de 5 ans que les téléphones cellulaires sont permis dans les hôpitaux, et qu’on est en général très en retard pour l’adoption de technologies, surtout dans le système de santé !

Prochaine étape, le fax ?

Crédit image: vintagio / 123RF Stock Photo

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