Alertes et ordonnances pré-rédigées pour la thromboprophylaxie

Cette étude observationnelle avait pour objectif de décrire les pratiques de thromboprophylaxie dans un hôpital académique urbain situé en Virginie, et de caractériser l’association de ces pratiques avec le comportement face aux alertes à ce sujet dans le dossier médical électronique, puis avec les issues cliniques. Dans cet hôpital, une alerte automatisée dans le dossier électronique était affichée chez les patients qui n’avaient pas de prophylaxie prescrite et des facteurs de risque présents, avec des suggestions de traitement basées sur les lignes directrices, ajustées selon la fonction rénale du patient.

Les patients admis pour chirurgie et étant demeurés hospitalisés plus de 48 heures entre novembre 2013 et mars 2015 ont été inclus. La thromboprophylaxie a été catégorisée en continue, retardée, interrompue, absente ou autre (non conforme aux lignes directrices). Des focus groups ont été menés avec les cliniciens pour obtenir leurs perceptions par rapport au fonctionnement en place.

10 318 admissions ont été incluses dans l’étude. Parmi celles-ci, 131 thromboses ont été détectées. Les patients avec thrombose avaient plus de chances d’avoir une thromboprophylaxie interrompue (32% vs 13%, p<0,01). Pourtant, 23% des thromboses sont survenues chez des patients avec thromboprophylaxie conforme et continue. Une régression logistique multivariée a montré que l’issue de thrombose était associée à la durée de séjour, à la catégorisation de la thromboprophylaxie et au transfert d’un autre hôpital.

Une alerte de nécessité de thromboprophylaxie a été affichée dans 46% des hospitalisations incluses. L’affichage d’une alerte était corrélé avec une incidence plus élevée de thrombose, suggérant que ces alertes détectaient adéquatement les facteurs de risque (17,2 vs 8,9 événements par 1000 admissions, p<0,01). À noter, près de 80% des alertes affichées ont été ignorées par les cliniciens sans raison documentée. Dans les focus groups, les cliniciens ont souligné que les alertes interrompaient leurs autres tâches et étaient obstructives. Malheureusement, d’autres stratégies de présentation d’alertes n’ont pas été testées.

Je trouve cette étude intéressante car elle montre que les alertes que l’on peut configurer dans les dossiers électroniques peuvent détecter adéquatement les facteurs de risque pour certains problèmes comme les thromboses, mais qu’une configuration adéquate des alertes pour favoriser leur efficacité est nécessaire pour avoir un impact clinique. De même, les ordonnances pré-rédigées peuvent aider à diriger la conduite clinique face à ces alertes.

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