Recommandations pour l’intégration de la pharmacogénomique aux dossiers électroniques

Cet article présente des recommandations pour intégrer de manière systématique l’information pharmacogénomique aux dossiers électroniques, sachant qu’il s’agit là de deux champs en expansion et que les dossiers électroniques devront inévitablement intégrer les informations de génomique dans leurs modules d’aide à la décision.

Il s’agit d’un article plutôt détaillé qui mérite d’être lu au complet, mais je vous présente ici quelques points clés qui en sont tirés.

  • L’information génomique fournie par les laboratoires devrait pouvoir être codée dans des champs dédiés dans les dossiers électroniques, afin que les règles d’aide à la décision puissent se baser sur ces données. Le texte libre ou les champs généraux sont donc à éviter. Il faut prévoir tous les niveaux d’information qui peuvent être transmis (haplotype, diplotype, phénotype, recommandations thérapeutiques).
  • L’information génomique ne doit pas être traitée comme un simple test de laboratoire mais comme une information qui suit le patient à vie, puisque l’information découlant d’un test peut ne devenir utile que plusieurs années plus tard. On se rapproche donc d’un type d’information similaire aux allergies davantage qu’aux tests de laboratoire.
  • L’émission de recommandations cliniques par les modules d’aide à la décision doit être basée sur des règles systématiques établies par les experts de l’institution, et il faut que ce genre de règle puisse être facilement mise à jour en fonction des nouvelles connaissances. Idéalement, le processus se fonderait sur une banque de données mise à jour automatiquement, comme les interactions médicamenteuses.
  • L’affichage des recommandations d’aide à la décision doit survenir au point le plus utile dans le processus de travail (au prescripteur d’un médicament concerné, au pharmacien qui valide l’ordonnance, etc.), et ces recommandations devraient prendre en compte toutes les données disponibles, en plus du simple nom du médicament (par exemple la présence de dosages sanguins, la voie d’administration, la présence d’interactions médicamenteuses, etc.).
  • Les règles d’affichage devraient permettre de réduire les alertes intempestives (le alert fatigue), et suivre toutes les autres pratiques recommandées pour optimiser l’affichage d’alertes.
  • Il existe des groupes experts qui ont émis des recommandations spécifique à l’information génomique, comme le CPIC. Ces recommandations devraient être suivies.

Dans le contexte québécois, où l’informatisation du réseau de la santé se met graduellement en place, je considère important de tenir compte de ces recommandations. On pourrait imaginer que l’information génomique ait une place dans le DSQ afin qu’elle ne soit pas prisonnière du dossier d’une seule institution et qu’elle puisse réellement suivre les patients toute leur vie. Par ailleurs, comme mentionné, étant donné que cette information se rapproche à la fois des allergies et des interactions médicamenteuses, et qu’elle doit être disponible pour les pharmaciens, les systèmes d’information pharmacie devraient pouvoir gérer ces données. Le meilleur modèle reste à définir, mais je crois qu’il ne serait pas bête d’élargir le concept d’allergie ou d’intolérance déjà présent dans ces systèmes pour qu’il soit plus général et permette d’inclure la génomique.

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