Vérification des premières doses par code-barres

Un nouvel article publié dans l’AJHP de janvier 2019 apporte de nouvelles données sur la vérification des médicaments par code-barres. On connaît déjà plusieurs utilisations dont la préparation des kits de médicaments, la préparation des médicaments oraux liquides, la traçabilité des médicaments, la vérification des doses au chevet avant l’administration, et plusieurs autres. Le sujet de cette étude était la modification du flux de travail de la validation des premières doses afin de remplacer une vérification visuelle par un pharmacien par une vérification par un technicien en pharmacie assisté par une lecture de code-barres. L’étude s’est déroulée dans un centre de soins tertiaires de 606 lits situé au Wisconsin, en 2015.

Une méthode de type pré-post a été utilisée. Pendant la phase pré de 6 jours, un technicien effectuait la pige d’une première dose à partir d’un carrousel lorsqu’un service était demandé, puis un deuxième technicien revérifiait la dose avec la lecture de code-barres du contenant et du contenu du médicament, puis un pharmacien effectuait une troisième vérification pour documenter la présence d’erreurs aux fins de l’étude. Durant la phase post de 8 jours, un technicien effectuait la pige, un pharmacien effectuait une vérification contenant-contenu, puis un technicien effectuait la troisième vérification avec code-barres destinée à détecter la présence d’erreurs aux fins de l’étude. Certains médicaments étaient exclus de l’analyse (ex: urgences, déviation du protocole de l’étude lors des scan, doses servies en double, médicaments n’étant pas servis en formats commerciaux)

5460 doses ont été dispensées durant la phase pré dont 5356 (98,1%) ont été incluses dans l’étude. 7354 doses ont été vérifiées dans la phase post dont 6972 (94,8%) ont été incluses. 3 erreurs ont échappé à la vérification par code-barres durant la phase pré et 1 erreur a échappé à la vérification par le pharmacien en phase post. La différence entre le taux de détection d’erreurs n’était pas significativement différent entre les deux phases (p=0,32). Néanmoins, les auteurs commentent sur le fait que leur taille d’échantillon était prévue pour démontrer la non-infériorité de la méthode par code-barres, mais qu’en raison d’un taux d’erreurs plus bas que prévu, cette démonstration n’a pu être faite.

Une analyse de temps sur un sous-échantillon de l’étude a montré un temps de service des médicaments 4 minutes plus rapide en moyenne par dose avec la méthode par code-barres. De plus, un équivalent temps-plein pharmacien a pu être déplacé de cette tâche de vérification à des tâches cliniques.

Je crois que cette étude démontre bien que la vérification contenant-contenu pour les premières doses de produits servis sous leur forme commerciale peut être assurée de manière sécuritaire avec une lecture de code-barres plutôt que par une vérification visuelle par un pharmacien, avec des bénéfices à la fois sur le temps de service et sur l’activité clinique des pharmaciens.

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