Accélérer l’administration d’antibiotiques en neutropénie fébrile à l’aide d’ordonnances pré-rédigées

Il s’agit d’une étude rétrospective qui avait pour objectif de décrire le temps pour l’administration des antibiotiques en relation avec les issues cliniques chez des patients adultes d’hématologie dans un centre hospitalier situé au Kentucky. Une des issues secondaires de l’étude était le lien entre des ordonnances pré-rédigées et le temps d’administration.

Les données ont été collectées entre le 1er janvier 2010 et le 1er septembre 2014. Les patients inclus avaient un cancer hématologique ou une greffe de moelle osseuse, mais étaient exclus si le diagnostic d’admission était la neutropénie fébrile, pour ne conserver que les patients ayant développé cette complication durant leur hospitalisation, afin de bien caractériser le délai d’administration des antibiotiques. Les critères de diagnostic et le traitement recommandé dans le centre à l’étude sont décrits dans l’article. À noter, les principaux antibiotiques à administrer empiriquement étaient disponibles dans des cabinets automatisés sur les unités de soins.

Les issues cliniques défavorables considérées étaient un composite de la mortalité intra-hospitalière, de l’admission aux soins intensifs, et de l’initiation d’amines.

244 événements ont été inclus dans l’étude pour 216 patients, en moyenne âgés de 52,1 ans. 35 issues cliniques défavorables ont été identifiées. Le temps pour l’administration des antibiotiques était variable entre 10 et 1495 minutes, avec une médiane de 102 minutes en absence d’issues cliniques défavorables et 120 minutes si une issue défavorable était identifiée, une différence qui n’était pas significative (p=0,9277).

Plusieurs autres résultats cliniques sont présentés dans l’article. En ce qui a trait aux ordonnances pré-rédigées, les auteurs ont identifié leur utilisation dans 176 événements (72,1%). L’utilisation d’ordonnance pré-rédigée était liée à une réduction significative du temps pour l’administration des antibiotiques de 42,2%, p=0,0007, soit 96 minutes comparativement à 166 minutes. Cependant, ceci n’était pas lié à de meilleures issues cliniques.

Les auteurs discutent de ces observations, notamment du fait que l’absence de lien entre le délai d’administration et les issues cliniques défavorables peut s’expliquer par la nature rétrospective de l’étude et le fait que les patients ayant développé des complications n’étaient pas nécessairement comparables à ceux n’en ayant pas développé. Néanmoins, il est intéressant de constater que les ordonnances pré-rédigées semblent avoir un effet marqué sur le délai d’administration. En effet, celles-ci permettent probablement de débuter le traitement dès l’atteinte de critères diagnostics prédéterminés plutôt que de devoir attendre une évaluation médicale et la rédaction d’une ordonnance. Bien sûr, le tout dépend également de la disponibilité des doses d’antibiotiques pour administration rapide, ce qui doit être encadré d’une manière bien définie afin de s’assurer que le processus demeure sécuritaire.

Accélérer l’administration d’antibiotiques en neutropénie fébrile à l’aide d’ordonnances pré-rédigées

Tests d’allergie à la pénicilline par un pharmacien en hôpital

Cet article décrit un service mis en place dans un hôpital universitaire public de 870 lits situé au Texas. L’objectif du service était de permettre des tests cutanés rapides d’allergie à la pénicilline chez les patients déclarant une allergie et rencontrant certains critères, suivi d’un challenge oral à l’amoxicilline, afin de confirmer ou d’infirmer une allergie IgE médiée et ainsi de permettre une administration sécuritaire d’antibiotiques de cette classe ou de classes reliées. Ceci est particulièrement pertinent quand on sait que l’allergie à la pénicilline est souvent déclarée par les patients, alors que ceux-ci ne sont pas réellement allergiques, et parfois ne se souviennent même plus de leur réaction, et que ceci influence négativement le choix d’antimicrobiens pour ces patients. Fait intéressant, les tests d’allergie décrits dans cette étude étaient effectués par des pharmaciens.

Une prévalence de 8% d’allergie à la pénicilline rapportée par les patients a été observée chez les patients de cet hôpital préalablement à cette étude, ce qui est comparable à la proportion de 8 à 12% d’allergie à la pénicilline rapportée rapportée dans la population générale. Les données ont été collectées de novembre 2014 à avril 2016. Un algorithme a été mis en place dans le dossier électronique de l’institution afin de cibler les patients les plus susceptibles de bénéficier de ces tests (patients sous antibiotiques à large spectre, patients immunosupprimés) et d’exclure ceux qui ne rencontrent pas les critères d’éligibilité (prise d’antihistaminiques, réaction anaphylactique documentée, etc). Le protocole de test est décrit en détail dans l’article. Les patients étaient testés par le pharmacien de ce service, et en absence de réaction l’allergie à la pénicilline était désactivée dans le dossier électronique avec une documentation appropriée.

Durant la période à l’étude, 1203 patients ont été identifiés, et 252 ont été testés suite à la priorisation selon l’algorithme électronique. La moyenne d’âge était 49,3 ans, et la majorité des patients étaient hospitalisés sur une unité générale. Presque tous les patients ont reçu un antibiotique durant leur hospitalisation, principalement pour une infection de la peau ou des tissus mous, une infection urinaire ou pulmonaire. La plupart des patients ont décrit des réactions de type urticaire ou angio-oedème, cependant ces réactions dataient la plupart du temps de 10 à 20 ans.

5 patients ont pu voir leur étiquette d’allergie retirée suite à une simple entrevue verbale. 228 patients ont eu un test cutané complet, et de ceux-ci 223 ont été négatifs. Seulement 5 patients ont testé positif, dont 4 au test cutané et 1 au challenge oral. 19 patients n’ont pas complété le test pour diverses raisons. Au total, 90,5 % des patients testés ont pu voir leur étiquette d’allergie retirée.

Suite aux tests, les auteurs ont constaté une diminution de l’utilisation de vancomycine de 33%, de clindamycine de 61%, de quinolones de 36%, de carbapénèmes de 50% et d’aztreonam de 68% chez les patients inclus, avec une utilisation concomitante de pénicillines ayant augmenté de 20 fois.

Fait important à souligner, 16 des 223 patients qui ont testé négatif ont vu leur étiquette être réajoutée par un autre professionnel de la santé après l’épisode de soins concerné par l’étude, mais les pharmaciens du service ont été en mesure de faire retirer cette étiquette à nouveau. Ceci correspond à ce que j’observe en pratique, même lorsqu’une allergie est testée et infirmée, bien souvent les patients continuent de la rapporter ou des professionnels mal informés la réajoutent “pour bien faire”, sans se rendre compte des conséquences potentiellement négatives de cette allergie, en particulier sur les choix d’antimicrobiens. Je constate aussi une grande confusion entre ce qui est réellement une allergie, ce qui est une intolérance ou simplement une préférence du patient. Dans la discussion de l’article, les auteurs présentent une avenue intéressante avec les dossiers électroniques: la possibilité d’ajouter une alerte spécifique à l’ajout d’une allergie lorsque cette allergie a déjà été présente et retirée. Ceci permettrait au professionnel qui l’ajoute de se poser des questions sur cette allergie et de valider si celle-ci a déjà été testée et infirmée.

Tests d’allergie à la pénicilline par un pharmacien en hôpital

Articles de la semaine

États-Unis, documentation de l’administration de vaccins améliorée par le code-barre en 2D

Cette étude a été menée par la division de l’immunisation du CDC américain ainsi qu’une firme de consultants. Elle avait pour objectif de comparer l’exactitude des numéros de lots et des dates d’expiration de vaccins lorsque scannés à partir des code-barres en 2D apposés sur les fioles, comparativement à une saisie manuelle, tel que documenté dans les dossiers électroniques. Les centres participants à l’étude ont été identifiés à partir des centres participants à une autre étude sur l’identification par code-barre des vaccins. Des hôpitaux, des cliniques et des pharmacies ont été approchées. Les chercheurs fournissaient des lecteurs de code-barre 2D et une formation sur leur utilisation. Les données documentées ont été extraites des dossiers électroniques, et si la capacité de documenter la méthode d’entrée du lot et date d’expiration n’existait pas dans le système en place, un logiciel supplémentaire était installé par les chercheurs pour capturer cette information. Les données ont été collectées entre le 1er juillet 2014 et le 31 janvier 2015.

34 organisations ont participé à l’étude, dont 13 avec une spécificité pédiatrique. Seulement 32 organisations ont fourni des données analysables et ont donc été incluses dans l’analyse. 128 573 administrations de vaccins ont été enregistrées durant l’étude. 6 logiciels de documentation électronique ont été utilisés. La vaste majorité des données provenait d’institutions privées plutôt que publiques. Pour le numéro de lot, 15 496 entrées ont été scannées et 113 077 saisies manuellement, et pour la date d’expiration, 12 423 ont été scannées et 105 005 saisies manuellement.

Les numéros de lots était exacts dans 96,1% des cas lorsque scannés, comparativement à 94,3% des cas lorsque saisis manuellement (p<0,001). De même, les dates d’expiration étaient exactes dans 95,8% des cas lorsque scannées, comparativement à 84,8% des cas lorsque saisies manuellement (p<0,001). Fait intéressant, un modèle de régression logistique multivariée a été utilisé pour évaluer l’effets de plusieurs variables sur l’exactitude de la saisie, et il en est ressorti que les code-barres de certains manufacturiers comportaient de l’information moins exacte que pour d’autres.

L’étude est intéressante car elle montre la capacité d’obtenir des code-barres 2D comportant les numéros de lots et de date d’expiration lorsque ceci est requis par une loi fédérale, comme c’est le cas aux États-Unis. Par ailleurs, l’utilisation de ces code-barres pour documenter les lots et dates d’expiration semble faible (~10-15% des cas), même lorsque le matériel requis pour les scanner est disponible. Il est aussi intéressant de noter que les données encodées dans les code-barres ne sont pas 100% exactes. Enfin, je trouve étrange que la documentation de ces données soit exigée pour les vaccins, mais pas pour tous les autres médicaments. Bien sûr, avec le fonctionnement actuel, ce ne serait pas réaliste de documenter ces données à chaque administration. Cependant, dans le futur, avec l’administration des médicaments assistée par code-barre, le tout pourrait s’automatiser en grande partie, ce qui permettrait une meilleure traçabilité des doses administrées.

États-Unis, ligne directrice et ordonnance pré-rédigée pour améliorer le traitement de la pneumonie

Cette étude rétrospective de type pré-post avait pour objectif d’évaluer l’efficacité d’une intervention mise en place pour améliorer la qualité du traitement de la pneumonie acquise en communauté dans un hôpital académique de 477 lits situé à Denver. Les auteurs souhaitaient diminuer le recours aux fluoroquinolones, au CT-scan et aux cultures d’expectorations, lesquelles fournissaient rarement de l’information susceptible d’affecter les choix de traitement.

Une intervention a été mise en place suite à l’élaboration d’une ligne directrice par plusieurs départements médicaux et le département de pharmacie. Cette ligne directrice a été diffusée aux prescripteurs, et une ordonnance pré-rédigée pour l’admission de patients avec ce diagnostic a été mise en place en juin 2011. Notamment, le traitement initial comprenait la ceftriaxone avec l’azithromycine, puis le traitement était poursuivi avec azithromycine orale seule, les fluoroquinolones étant réservées aux situations d’allergie prouvée aux bêta-lactames. La durée de traitement totale recommandée était de 5 jours.

La période pré a été définie comme allant du 15 avril 2008 au 31 mai 2009, et la période post du 1er juillet 2011 au 31 juillet 2012. Les patients de 18 à 89 ans, admis avec un diagnostic de pneumonie acquise en communauté et non admis aux soins intensifs, ont été inclus. 166 patients ont été inclus dans la période pré et 84 dans la période post. Les patients étaient comparables entre les groupes, sauf plus de MPOC dans la période post. La durée médiane de traitement est passée de 10 à 7 jours (p<0,0001), principalement en raison d’une diminution de la durée prescrite d’antibiotiques oraux au congé. Le taux de prescription de lévofloxacine est passé de 60% à 27% des cas (p<0,0001). Les taux d’utilisation du CT-scan et de cultures d’expectorations ont aussi diminué.

Les issues cliniques ne se sont pas détériorées durant la période post, cependant 5 cas de réadmission ont été notés en post contre 2 en pré, mais 4 des 5 patients réadmis n’avaient pas reçu le traitement recommandé par la ligne directrice.

Cette étude montre qu’une intervention de parrainage de l’antibiothérapie peut être efficace en intégrant une ordonnance pré-rédigée afin d’influencer les choix de traitement vers les lignes directrices.

Canada, effet de la dompéridone sur l’intervalle QT en pédiatrie

32942824_sCette revue systématique, disponible gratuitement en texte complet sur PubMed Central, avait pour objectif de clarifier l’état des connaissances sur la prolongation de l’intervalle QT induit par la dompéridone en pédiatrie, dans la foulée d’un avis de Santé Canada sur les risques cardiaques associés à ce médicament. En particulier, l’avis de 2015 de Santé Canada était basé sur 2 études de surveillance ayant identifié un risque de prolongation de l’intervalle QT et d’événements cardiaques chez les patients de plus de 60 ans. Les patients pédiatriques étaient exclus de ces études, l’applicabilité en pédiatrie n’était donc pas claire.

Une recherche sur PubMed et Embase a été menée de manière systématique. Les études observationnelles et randomisées ont été incluses lorsqu’elles portaient sur des patients pédiatriques, puis un tri manuel a été effectué pour garder seulement les études contenant de la recherche originale et pour exclure les patients d’oncologie, chez qui une prolongation de l’intervalle QT pourrait être confondu par les traitements de chimiothérapie.

5 études ont été incluses, dont 3 études observationnelles prospectives, 1 essai randomisé et un rapport de cas, publiés entre 2005 et 2012. Les 137 patients inclus dans ces études avaient moins d’un an, incluaient des bébés prématurés jusqu’à 24 semaines d’âge gestationnel. Aucun patient entre 1 et 18 ans n’a été inclus. Le rapport de cas décrit un enfant de 3 mois ayant eu une prolongation de l’intervalle QT à 463 ms, et retour à une valeur <450 ms après arrêt du traitement. Parmi les 3 études prospectives, 2 n’ont pas trouvé de changement statistiquement significatif pré et post traitement sur l’intervalle QT, et une a observé un changement de 373.2 ± 4.8 ms à 387.2 ± 5.1 ms (p<0,01). Dans chacune de ces trois études, 1 ou 2 bébés ont eu une prolongation asymptomatique au dessus de 450 ms de l’intervalle QT. Dans l’étude randomisée, aucun changement de l’intervalle QT significatif n’a été observé entre les groupes ni avant et après le début du traitement par dompéridone, et aucun enfant n’a eu de prolongation de l’intervalle QT au dessus de 450 ms.

Les auteurs présentent la conduite adoptée au Hospital for Sick Children de Toronto, notamment:

  • La dompéridone est contre-indiquée chez les patients avec un intervalle QT de base >450 ms.
  • Les autres facteurs de risque décrits par les avis de Santé Canada (anomalies électrolytiques, prise d’inhibiteurs du CYP3A4) sont considérés des contre-indications relatives.
  • La dose maximale de 30 mg/jour n’est évidemment pas applicable à la pédiatrie.
  • Chez les patients avec facteurs de risque de torsades de pointe (hypokaliémie, arythmies, anomalies structurelles cardiaques, prises d’inhibiteurs du CYP3A4, prise de diurétiques pouvant entraîner une hypokaliémie, doses élevées de dompéridone), un ECG est fait avant le début du traitement et 48h après.
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ÉTATS-UNIS, REPENSER LE CODAGE DES ALLERGIES DANS LES DOSSIERS ÉLECTRONIQUES

Cet article de revue propose des recommandations pour la conception des modules d’allergie dans les logiciels de dossiers électroniques, je trouve que les mêmes recommandations s’appliqueraient bien aux logiciels de pharmacie. Le codage actuel des allergies est souvent basé sur des listes de médicaments ou des groupes plus ou moins bien définis. Hors, le codage d’une allergie dans un dossier n’est pas un acte bénin, puisqu’une fois qu’un patient est listé allergique, il devient extrêmement difficile de lui retirer cette étiquette; plein de professionnels bien intentionnés mais mal informés continuent par exemple de lister une allergie même lorsqu’un patient a eu un challenge négatif, ce qui peut influencer les choix de traitement.

Les recommandations proposés dans l’article sont les suivants:

  • Renommer le champ “allergies” pour “intolérances” (incluant les allergies).
  • Coder les intolérances dans ce champ selon 4 types:
    1. Les préférences du patient (qui n’a déjà pas vu un patient “allergique aux génériques” ?)
    2. Les contre-indications, par exemple liées à une enzyme comme la déficience en G6PD ou le HLA-B*5701 pour l’abacavir.
    3. Les effets indésirables comme la dyskinésie tardive
    4. Les réactions immunologiques comme les réactions IgE médiées (anaphylaxie, urticaire), les réactions cutanées, etc.
  • Les champs de documentation devraient permettre de coder le nom ou la classe du médicament, la date de la réaction, les détails de réaction, et la mention suspecté, confirmé ou infirmé, de même que les détails des tests effectués.
  • Prévoir des champs spécifiques pour les allergies environnementales et alimentaires, distincts des champs pour les médicaments.

ÉTATS-UNIS, CARTES DE PROXIMITÉ POUR L’ACCÈS AU SYSTÈME INFORMATIQUE

Cet article est un sondage pré et post implantation de la technologie des cartes de proximité pour l’authentification des utilisateurs à leur session informatique. L’avantage d’une telle technologie est une plus grande facilité d’utilisation; notamment il n’est plus nécessaire de taper un nom d’utilisateur et un mot de passe à chaque ouverture d’ordinateur. Combiné à une technologie de virtualisation de bureau, ceci peut offrir un flot de travail beaucoup plus efficient. Cette étude a eu lieu à l’unité d’obstétrique / gynécologie d’un hôpital universitaire américain, en pilote à l’ensemble du centre.

L’implantation a eu lieu en décembre 2010; le questionnaire pré était en juillet 2010 et le questionnaire post en mars 2011. Le questionnaire a été développé conjointement par une équipe clinique et une équipe d’informatique. 77 personnes ont répondu au questionnaire pré et 33 au questionnaire post; la majorité des répondants étaient des infirmières. Entre le questionnaire pré et post, on constante que le nombre rapporté d’ouvertures de session par quart de travail est demeuré similaire, mais que la perception de la vitesse d’ouverture de session s’est améliorée, la satisfaction à l’égard du processus s’est améliorée, et le nombre rapporté d’utilisations sous l’authentification d’un autre utilisateur a diminué, ce qui est une bonne chose du point de vue de la sécurité.

Parmi les autres commentaires notés, on souligne le fait qu’un des logiciels fréquemment utilisé ne supportait pas le single sign-on, donc les utilisateurs devaient s’y connecter en tapant leur mot de passe malgré la nouvelle technologie. Également, les lecteurs de carte n’étaient pas installés sur tous les ordinateurs.

AUSTRALIE, UTILISATION DE LA TECHNOLOGIE POUR AMÉLIORER LA PRESCRIPTION D’ANTIMICROBIENS

Cet article de revue avec méta-analyse avait pour objectif d’évaluer l’effet des interventions technologiques sur l’utilisation des antimicrobiens en contexte hospitalier. Une revue systématique de Embase, Medline et Pubmed depuis leur création jusqu’à mars 2015 a été menée. Les études dans une langue autre que l’anglais, celles n’ayant pas de groupe contrôle, celles en dehors du milieu hospitalier, celles n’ayant pas évalué la prescription et celles ayant évalué une intervention combinée avec une mesure non technologique ont été exclues.

3056 articles ont été identifiés, dont 1903 articles uniques en anglais. 111 ont été lus en texte complet, et 45 ont été inclus dans l’étude. La qualité des études était faible, avec un score moyen de 6/10 selon un score de qualité décrit en référence. 4 types d’intervention étaient décrites dans ces études:

  • Les systèmes d’aide à la décision indépendants
  • Les systèmes d’aide à la décision intégrés à un dossier électronique ou un logiciel de prescription électronique
  • Les systèmes d’approbation d’antimicrobiens informatisés
  • Les systèmes de surveillance

Les effets de ces systèmes ont été évalués par rapport à trois issues:

  • L’usage approprié des antimicrobiens: la définition de ce terme était variable, mais 10 études ont pu être incluses dans cette analyse. Les études étaient hétérogènes, mais la méta-analyse a démontré un effet bénéfique de manière générale (RR 1.49). Cependant, en définissant l’usage approprié comme l’adhésion aux lignes directrices, aucun effet n’a été observé. 5 études ont évalué la susceptibilité de l’organisme identifié à l’antibiotique prescrit, un effet bénéfique sur ce paramètre a été observé (RR 1.19). Enfin, en incluant seulement les 7 études avec score de qualité plus grand que 5/10, l’effet observé n’était plus significatif.
  • Mortalité: aucun effet n’a été observé.
  • Durée de séjour: aucun effet n’a été observé.

Les auteurs soulignent la grande hétérogénéité des études publiés, ce qui rend difficile toute analyse comparative, revue systématique ou méta-analyse. Également, plusieurs études décrivaient des barrières à l’implantation et à l’utilisation de tels systèmes par les prescripteurs, ce qui complique davantage l’analyse.

Les conclusions de cet article vont dans le même sens que celles d’une autre publication récente.

Articles de la semaine

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ÉTATS-UNIS, ALERTES BASÉES SUR L’ÂGE POUR AMÉLIORER L’UTILISATION DES VACCINS

21918650_sCette étude de type pré-post a été menée dans un hôpital pédiatrique tertiaire de 450 lits affilié à plusieurs cliniques externes aux États-Unis. L’objectif était de diminuer le nombre d’erreurs médicamenteuses liées aux vaccins, à l’aide d’alertes intégrées au dossier clinique informatisé, combiné à une formation obligatoire pour les prescripteurs. La période pré allait du 1er janvier au 31 décembre 2013, tandis que la période post allait du 1er janvier au 31 juillet 2014. Malheureusement, l’article est un peu mal écrit et plusieurs résultats se retrouvent dans l’introduction ou dans la méthodologie.

Durant la période pré, 65 erreurs liées aux vaccins ont eu lieu, la majorité étant de sévérité faible. 60% des erreurs ont eu lieu en contexte de soins primaires et 57% ont eu lieu durant la phase de prescription. Les auteurs indiquent que plusieurs erreurs étaient liées à la prescription d’un vaccin incorrect en fonction de l’âge du patient, une erreur malheureusement fréquente en raison des multiples produits immunisants disponibles avec des différences subtiles entre eux et des noms parfois très similaires. Durant la période post, une diminution de 25% des erreurs liées aux vaccins a été constatée, dont une seule erreur de prescription liée à l’âge.

ANGLETERRE, REVUE SYSTÉMATIQUE SUR L’OPTIMISATION DE L’ANTIBIOTHÉRAPIE ASSISTÉE ÉLECTRONIQUEMENT

Cet article de revue avait pour objectif de résumer la littérature existante concernant l’optimisation de l’antibiothérapie à l’aide de fonctionnalités intégrées dans les systèmes de prescription électronique, notamment l’aide à la décision. La revue ciblait spécifiquement les soins hospitaliers, à cet égard les articles portant sur les soins primaires ont été exclus, de même que les études effectuées dans des pays en développement, ainsi que les études non expérimentales.

3471 articles ont été examinés, et 143 articles ont été sélectionnés pour inclusion, soit 121 études observationnelles, 9 revues systématiques, 5 sondages et seulement 2 essais randomisés. La majorité des études incluses provenaient d’Amérique du Nord (87) et ciblaient une population infectée ou à risque d’infections (soins intensifs, urgence, pédiatrie) et en soins tertiaires. La plupart des interventions testées prenaient la forme d’alertes et de rappels affichés à l’aide d’un système d’aide à la décision. De même, la plupart étaient des systèmes développés localement et hautement personnalisés, et certains systèmes intégraient les données de plusieurs systèmes source comme la pharmacie.

On constate que les études ont surtout évalué des mesures de performance, définies comme les choix d’agents, le temps pour l’administration de la première dose, l’adhérence aux protocoles, et d’autres mesures similaires. Les mesures d’issues cliniques étaient moins courantes, de même que les mesures de coûts. L’effet rapporté était généralement positif, mais certaines études négatives existent. Les auteurs discutent de l’importance du contexte et de la facilité d’utilisation. Les auteurs soulignent toutefois la grande hétérogénéité des interventions étudiées et des méthodes utilisées.

PHARMACOVIGILANCE À PARTIR DE DOSSIERS ÉLECTRONIQUES

Cette étude épidémiologique avait pour objectif de déterminer si l’utilisation de données provenant de dossiers médicaux électroniques plutôt que de simples données administratives, telles qu’habituellement utilisées dans ce type d’étude, pouvait permettre une meilleure surveillance de l’utilisation et des effets des médicaments à un niveau international.

Trois cohortes provenant de trois pays, composées de patients nouvellement diagnostiqués avec le diabète de type 2 et avec une nouvelle prescription d’hypoglycémiant oral entre 2009 et 2012, ont été suivies pour une durée maximale de 30 mois. Les issues suivies étaient les événements cardiovasculaires, une complication bien connue du diabète et de l’utilisation de certains hypoglycémiants. Au Québec, les données du système MOXXI ont été utilisées (environ 90 000 patients, incluant les données médicales et les services de médicaments). Des données provenant d’une organisation de santé américaine (Partners HealthCare, Boston) ainsi que d’un système de soins primaires en de Manchester en Angleterre ont aussi été utilisées. Les données québécoises, qui incluaient les données des pharmacies par rapport à la dispensation de médicaments plutôt que simplement les prescriptions, ont été utilisées pour caractériser l’observance à la thérapie.

Tel qu’attendu, le risque d’événements cardiovasculaires avec les sulfonylurées était plus élevé lorsque la dispensation du médicament était utilisée comme critère plutôt que la simple prescription. De même, des différences de risque ont été observées entre les pays, que les auteurs attribuent à des pratiques de prescription différentes, par exemple la molécule la moins à risque étant favorisée en Angleterre alors que celle-ci n’est pas sur le marché aux États-Unis. Enfin, un effet de l’incorporation des données cliniques dans le modèle a été observé.

Cette étude démontre donc qu’il est possible d’effectuer de la surveillance épidémiologique et de la pharmacovigilance à grande échelle à partir de dossiers médicaux électroniques, et que les données provenant de pharmacies peuvent être incorporées à ce type de surveillance de manière intéressante.

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