Liens de la fin de semaine

Applications

L’application Pocket permet maintenant de faire des recommandations à partir de ce que vous avez sauvegardé. Vous pouvez également suivre des personnes qui partagent des articles, que ce soit vos amis ou des personnalités publiques. La liste des articles qui vous apparaît est cependant filtrée en fonction de vos intérêts.

Voici mon profil: https://getpocket.com/@grouchysmurf

Mobile

Les reviews du nouveau Pixel C de Google commencent à apparaître. En gros, le matériel semble très bien, mais le logiciel (Android) n’en tire pas profit. Il semble que Google ait débuté le développement de cet appareil avec ChromeOS, puis qu’un changement ait eu lieu vers Android, ce qui expliquerait le problème. Certains ont spéculé que ce serait peut-être à cause de l’éventuelle fusion de ChromeOS et Android.

Design

Comme je l’ai mentionné précédemment, certaines personnes se questionnent sur les décisions de design chez Apple. L’article que j’avais cité parlait des interfaces logicielles. Cette semaine, un article est paru pour souligner la même problématique avec les décisions de design matériel. On a en a d’ailleurs eu un autre exemple avec l’étrange boîtier à batterie pour iPhone.

Contrôle parental

Le Circle est un nouveau produit pour contrôler l’accès à Internet à domicile (heures, filtres, etc). Le review de Lifehacker est bien; le produit semble avoir des fonctionnalités utiles. Quelques points négatifs qui sont en voie d’être corrigés:

  • L’application est seulement disponible sur iOS, pas d’application Android ni de d’interface web.
  • Fonctionne sur un seul réseau (donc impossible de contrôler à la fois un réseau 2.4GHz et 5 GHz.
  • Ne prend pas en charge les utilisateurs multiples sur un même appareil.
  • Pas encore disponible au Canada.

 

Liens de la fin de semaine

pont jacques-cartier

Sécurité informatique

Une pratique recommandée pour éviter de voir tous ses comptes en ligne compromis par une seule attaque informatique est d’utiliser un mot de passe différent et aléatoire pour chaque compte. De cette façon, si une fuite de données ou une attaque compromet un de vos comptes, les autres ne peuvent être ouverts avec le même mot de passe. Les logiciels de gestion de mot de passe comme LastPass, 1Password, Dashlane et Keepass vous permettent de stocker tous ces mots de passe et ainsi d’éviter d’avoir à s’en rappeler.

Il faut rappeler que contrairement à ce qui est couramment exigé pour les mots de passe, c’est-à-dire 8 à 12 caractères incluant des majuscules, minuscules, chiffres et caractères spéciaux mélangés, les mots de passe les plus sécuritaires sont tout simplement très longs.

Une attaque informatique de plus en plus courante contre laquelle le commun des mortels devrait se prémunir est la fuite de banques de données provenant de sites web (Adobe et Patreon, par exemple, sans compter Ashley Madison). Les mots de passe de quelques caractères alphanumériques aléatoires sont très faciles à deviner dans ce contexte grâce aux rainbow tables. Les logiciels de gestion de mots de passe permettent de générer des mots de passe très longs et aléatoires, les rendant ainsi plus sécuritaires.

Malheureusement, il a été récemment démontré que ce genre de logiciel est vulnérable à une attaque lorsque le poste sur lequel un utilisateur accède à sa banque de données de mots de passe est compromis.  KeeFarce permettrait ainsi d’obtenir l’ensemble des mots de passe stockés par le logiciel KeePass. Selon plusieurs experts, la technique utilisée pour cette attaque pourrait être adaptée à n’importe quel autre gestionnaire de mot de passe. Ouch.

Chromebooks

Un article du Wall Street Journal rapportait à la fin de la semaine dernière (je lie à l’article de ArsTechnica car celui du WSJ est derrière un paywall) que Google projetterait de fusionner ChromeOS et Android quelque part en 2017. Le résultat s’appellerait encore Android et les Chromebooks changeraient de nom. Ceci inquiète énormément, puisque Android est difficile à mettre à jour et n’est pas du tout adapté à une utilisation sur un ordinateur avec clavier et souris. Ça pourrait être problématique pour tous ceux qui ont investi dans les Chromebooks.

Google ne semble pas avoir apprécié la réaction à cet article puisque 2 jours plus tard, le vice président senior de Android et ChromeOS chez Google a affirmé sur Twitter que les Chromebooks ne seraient pas abandonnés (pouvait-il dire autre chose ?)

Lundi cette semaine, le blogue Google Chrome statuait que ChromeOS est là pour rester.

ArsTechnica a publié mardi une analyse en profondeur de la situation.

Journalisme scientifique et médical

Un article du JAMA Oncology présente une analyse des superlatifs utilisés dans les articles de journaux grand public. Les mots « breakthrough », « game changer », « miracle », « cure », « home run », « revolutionary », « transformative », « life saver », « groundbreaking », et « marvel » ont été recherchés dans les articles de nouvelles publiés sur une période de 5 jours en juin 2015. 94 articles ont été trouvés, la moitié des 36 médicaments ainsi décrits n’étaient pas approuvés par la FDA et 5 n’avaient été étudiés qu’en études précliniques sur des cultures cellulaires ou chez des rongeurs. On peut se questionner sur cette pratique, sachant que ces mots peuvent influencer la perception publique.

Cinéma

Une autre entrevue entre Chris Hadfield, Andy Weir et Adam Savage à propos du film The Martian.

Techno mobile en établissement de santé : tablettes, virtualisation et… Chromebooks ?

J’ai eu l’occasion de participer à la mise en place d’une méthode d’accès à distance aux applications de la pharmacie, pour les gardes pharmaceutiques du centre où je travaille.  La connexion à distance repose sur une plateforme de virtualisation de bureau (desktop virtualization).  Cette plateforme nous donne accès à une machine virtuelle Windows pouvant exécuter pratiquement toutes les applications que l’on peut utiliser sur un poste « standard ». Il s’agit de la même technologie qui est utilisée dans l’hôpital pour permette aux cliniciens d’être « mobiles », c’est-à-dire de pouvoir garder une session de travail virtuelle ouverte durant toute la journée et de la déplacer de poste en poste sans devoir tout fermer et rouvrir à chaque fois.  Comme les cliniciens se déplacent dans leur unité de soins et même dans tout l’hôpital à chaque jour, cette fonctionnalité permet un gain d’efficacité important.

Dans un établissement de santé, les pharmaciens utilisent une constellation d’applications, que ce soit à la distribution ou en clinique.  La plus importante est le système d’information pharmacie, c’est-à-dire la banque de données centrale où sont stockés les dossiers pharmaceutiques des patients et où s’effectue la saisie et la validation des ordonnances.  C’est à partir de cette banque de données que sont générés les feuilles d’administration des médicaments, essentielles pour les infirmières, les reservices quotidiens des médicaments qui sont à la base du système de distribution unidose, et une multitude d’autres éléments du circuit du médicament.  Autour de ce système gravitent des applications complémentaires auxquelles le pharmacien se réfère de plus en plus.  Notons par exemple les systèmes d’archivage numérique de documents, les dossiers cliniques informatisés, les logiciels spécialisés (par exemple pour la nutrition parentérale), le système des laboratoires, le Dossier Santé Québec, les systèmes de gestion de la documentation, les applications réseau locales, les références cliniques, etc.  Cette quantité grandissante d’applications variées et plus ou moins interconnectées représente une difficulté quand on parle de mobilité et d’accès à distance.  En effet, l’accès à une seule application n’est plus suffisante, que ce soit pour le travail clinique ou les gardes.  Il devient nécessaire d’avoir accès à l’entièreté du système.

Il y a quelques années, les tablettes gagnaient en popularité et on croyait leur trouver une place dans la pratique pour permettre aux cliniciens d’avoir accès de n’importe où à leurs applications.  J’ai pu participer à quelques essais avec un iPad et avec une tablette Android. J’ai été très déçu de la performance réelle des tablettes dans la vraie vie.  Je ne parle pas ici de performance en terme de vitesse, mais bien en terme d’intégration au flot de travail et d’utilité.  Quelques points:

  • Les tablettes reposent sur l’utilisation d’applications conçues pour une interface tactile, avec un affichage adapté.  Si le centre utilise un système intégré de dossier clinique informatisé à la grandeur de l’établissement, avec une application pour tablette dédiée, le résultat peut être très intéressant.
  • Malheureusement, la multitude d’applications que j’ai décrites ci-haut sont en général des applications Windows qui n’ont pas d’équivalent natif sur les systèmes d’exploitation des tablettes.  On se retrouve donc à devoir travailler sur un ordinateur et une tablette.
  • Les tablettes sont d’excellents outils pour consulter du contenu, mais sont très mauvaises lorsque vient le temps de générer du contenu long et complexe, comme par exemple des notes cliniques.  L’absence de clavier physique devient vite handicapant.  En santé, la documentation écrite fait partie intégrale du travail, les tablettes sont plutôt mal adaptées pour cette tâche.

Les tablettes ne m’apparaissent pas comme une solution viable pour l’utilisation en santé.  Je crois que la virtualisation représente une bien meilleure solution, même si dans d’autres contextes d’utilisation elle ne convainc pas.  En fait, depuis que la technologie de virtualisation a été déployée, j’ai abandonné ma tablette.  Je peux maintenant avoir une session virtuelle ouverte avec toutes les applications et la documentation dont j’ai besoin, et ouvrir cette session à chaque poste de travail que je visite durant la journée.

Les avantages majeurs de cette technologie sont le support multiplateforme et l’accès à distance.  Comme la session s’exécute sur le serveur, n’importe quel appareil pouvant exécuter le programme de virtualisation (comme une tablette, pour les irréductibles du iPad, ou un Chromebook) peut ouvrir la session virtuelle.  Avec un accès par VPN, on peut ouvrir une session à partir de la maison, ce qui devient très pratique pour les nuits de garde.  De même, il est possible d’effectuer des suivis cliniques ponctuels à partir de la maison.  Un exemple (vécu):

  • Un patient est admis le vendredi après-midi avec une infection sévère, requérant un traitement agressif.  Un antibiotique est débuté et un dosage sanguin est prévu pour le samedi.  La sévérité de l’infection justifie que l’on atteigne un niveau d’antibiotique optimal le plus vite possible, ça ne peut pas attendre au lundi.
  • Le samedi, je peux, de chez moi, me connecter à distance, aller vérifier le résultat du dosage dans le système du laboratoire, confirmer que le médicament a été administré adéquatement avec la feuille d’administration des médicaments électronique (FADMe, eMAR en anglais), et aller dans le système pharmacie pour écrire une suggestion d’ajustement de dose et de suivi au médecin.
  • Actuellement, je dois quand même téléphoner pour demander d’imprimer la note pour la mettre dans le dossier médical papier, mais éventuellement un prescripteur électronique devrait me permettre d’envoyer ma recommandation directement au médecin, où même, avec la loi 41, d’effectuer l’ajustement moi-même et d’en aviser électroniquement le médecin.

Les développeurs de plateformes de virtualisation offrent des logiciels de connexion sur pratiquement toutes les plateformes: Windows, MacOS, Android, iOS, et même ChromeOS.  Les Chromebooks combinés à la virtualisation pourraient donc être une solution intéressante pour le travail mobile.

J’ai bien hâte de voir le niveau de satisfaction des pharmaciens avec l’accès par virtualisation lors des gardes.